Territoires : Paris, Lille, Marseille, Saint-Etienne


Une enquête sur les mémoires trans-générationnelles liées à la colonisation et à la Guerre d’Algérie, à la croisée de l’intime et du collectif.

© Lynn S.K
© Lynn S.K

Après des études de cinéma, Lynn S.K. choisit la photographie afin d’élaborer une recherche en images autour de la sororité, la mémoire enfouie et l’entre-deux géographique, directement issue de sa propre histoire personnelle, ancrée entre la France et l’Algérie.

Son travail autour de l’identité féminine et de l’adolescence l’amène à collaborer régulièrement avec des auteures telles que Virginie Despentes autour du film Bye-Bye Blondie ou Lola Lafon pour différents romans et albums notamment Une vie de voleuse.

Lynn participe à des expositions personnelles ou collectives en France et à l’international : Biennale des Photographes du Monde Arabe, Mairie du 4ème, Paris (2019), les Rencontres de la Jeune Photographie Internationale, Niort (2019), Photoforum Pasquart, Bienne (2020), Bastion 23/Palais des Raïs, Alger (2017)… Elle collabore également à des publications pour la presse ou des maisons d’éditions : Actes Sud, Eurozine, Médiapart… 

Lynn a remporté plusieurs prix et bourses, dont le Sony World Photography Awards (2018) et le Maghreb Photography Awards, ainsi que la bourse du Cnap (2020). Elle a été nominée pour le Foam Paul Huf Award (2019), le Cap Prize (2020), ainsi que pour la Counter-Stories Initiative de la Fondation Magnum (2022).

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Journal de bord

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Recherches. ©Lynn S.K

I. La recherche

Même quand je ne parlais pas de l’Algérie les gens venaient me parler de l’Algérie. Au cours d'un vernissage d'une soirée ou d'un covoiturage : il suffisait qu’ils aient entendu quelque chose sur mon lieu de naissance pour venir me confier leur histoire.
Récemment un homme est venu et il m’a dit : je sais que vous êtes algérienne. J’étais en Algérie en 1959. Il faut que vous sachiez que j’aimais beaucoup les algériens et qu’ils m’aiment beaucoup aussi. (Il y a quelques jours j’ai fait l’interview et le portrait de cet homme de 85 ans, appelé pendant la guerre).
Des paroles des histoires des bribes du grand récit et dont parfois je ne savais pas bien quoi faire.
Et puis des silences, aussi, quand je questionnais ceux de mon entourage : pourrais tu me parler de. Est ce que tes parents pourraient m’en parler. La réponse souvent catégorique. Mes parents refuseront. C’est le passé. C’est trop morcelé.
Ce projet sur les mémoires de la colonisation et de la guerre, c’est une façon de recueillir toutes ces paroles, ces fragments d’Histoire, et surtout de comprendre la transmission (ou non transmission) de ces récits.