Odile Gine - Attraction virale du jeu vidéo

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Une amitié communautaire pour les gamers et les gameuses de l’association LGBT, Next Gaymer. © Odile Gine – Hans Lucas / Grande commande photojournalisme
De gauche à droite : Raphaël, Johan, Molika, Caroline et Riku, le chien. Tous font partie de Next Gaymer, « première association pour les geeks et les gamers LGBT + ». Celle-ci se présente comme une communauté voulant « vivre de sa passion sans être discriminée ». En plus de son forum où gamers et gameuses se retrouvent pour jouer en ligne à l’abri de propos homophobes, elle organise régulièrement des rencontres IRL (In the Real Life). Ils posent dans le salon de la maison de Raphaël et de Johan.Raphaël, 39 ans, est agent des finances publiques. Il est marié avec Johan. Il a commencé à jouer avec son père dès l’âge de 4-5 ans. PC, console, téléphone, peu importe les supports, il s’adapte selon les jeux. Final Fantasy X est l’un de ses favoris, « [s]a madeleine de Proust »  qui l’a accompagné tout au long de sa vie. « Ça mettait aussi en avant une philosophie qui me guide de Paula Coelho, de savoir que l’important ce n’est pas la destination, c’est le voyage. […] C’est vraiment ce que tu vis pendant l’histoire, comment les personnages évoluent, comment toi tu évolues. Le jeu parle d’un pèlerinage en fait ». Pour Raphaël, Next Gaymer lui apporte un cadre sécurisé. « Les jeux vidéo en ligne surtout, la toxicité masculine est y quand même hyperprésente. Ça va un peu mieux, mais on y est pas encore, du coup le côté les insultes, pédé, gay, tapette, ça peut fuser très vite, donc on sait qu’on joue entre nous ».Johan, 36 ans, est professeur des écoles. Le Maître de l’Olympe, du genre City Builder, est le premier jeu qui l’a marqué et qui a éveillé sa passion : « […] on construit sa ville sur une map, en fait, où l’on doit extraire des ressources. C’est vraiment de l’organisation, de la précision, de la réflexion ». Il joue principalement sur ordinateur, et aime pouvoir partager avec d’autres personnes sur le jeu mais également sur leur vie. Il lui suffit d’aller sur Next Gaymer via Discord et de demander « Qui veut faire une partie de ça ? […] C’est comme d’autres personnes qui iraient boire un verre ou prendre un café, et jouer c’est presque la même chose ». Pour Johan, l’association représente « un lieu de protection. Dans le jeu vidéo on rencontre les mêmes difficultés que dans la vie quotidienne, c’est-à-dire que quand on fait partie du milieu LGBT, dire qu’on est gay ou lesbienne ça peut être éprouvant. On ne sait jamais comment les autres vont réagir ».Molika, 40 ans, travaille dans une banque, au département fraude en back office. Elle est vice-présidente de Next Gaymer. Elle joue sur console. Final Fantasy VI est le premier jeu qui l’a vraiment marqué à l’âge de 13 ans : « C’est la première fois que j’ai pleuré devant un jeu vidéo, et là je me suis rendue compte que ça pouvait susciter des émotions très fortes ». Mais son jeu préféré est le remake de Resident Evil dont le « ravalement graphique » l’a impressionné. « Le jeu vidéo c’est un média comme un autre. C’est un vecteur artistique. J’aime le côté interactif ». Pour Molika, « le cadre qu’apporte Next Gaymer, c’est surtout qu’on sait qu’on ne sera pas jugé par rapport à tout ce que l’on est […] C’était, je pense, le besoin de montrer aussi qu’on est présent et qu’on peut apporter un cadre sécurisant pour les personnes qui se cherchent encore un peu aussi, autour du jeu vidéo ». Caroline, 42 ans, est informaticienne. Elle a commencé à jouer à l’âge de 6-7 ans. La série Zelda est le premier jeu qui l’a impressionné, mais ensuite elle a préféré Secret of Mana, qui se joue à plusieurs. « […] j’ai évolué, je joue plus sur PC que sur console. Et maintenant je joue des MMO. Des jeux, massivement multijoueur […] Il y a en plus ce côté social, où il y a un chat où l’on peut discuter, pas forcément du jeu d’ailleurs. […] Dans le MMO, c’est le partage, jouer en groupe, avoir la possibilité de rencontrer des joueurs via le jeu ». World of Warcraft reste son jeu phare auquel elle reste fidèle depuis 20 ans. Pour Caroline, étant très timide, Next Gaymer lui a permis de sortir de sa zone de confort et de rencontrer des gens. Drancy, Île-de-France, 15 octobre 2022.

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