Théophile Trossat - Le refuge

Théophile Trossat - Le refuge
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Gwenaël, 42ans, menuisier, habite à Boulogne. A 17 ans il a été interdit de cave pendant 1 an par ses parents, car il y allait trop souvent avec ses copains. Mais depuis longtemps il a la sienne, il y a un jeu de palet et un canapé. Quand il va rendre un service ou donner un coup de main à un voisin, il y a toujours un passage par la cave, c’est normal. Parfois son voisin débarque sans raisons, juste car il a entendu que Gwen était dans son jardin. Dans le hameau ils sont une petite trentaine, chaque année et depuis 25ans ils organisent un pic-nic ensemble, pour garder le lien. En ce moment il ne boit plus d’alcool alors les gens le taquinent « Qu’est ce qu’il y a, tu fais la gueule? ». Héritée du temps où dans la Vendée rurale beaucoup de foyers possédaient leur parcelle de vigne, la cave est restée une pièce particulière de la maison alors même que les vignes ont en majorité disparues. Elle permettait aux hommes de se voir, sans déchausser les bottes et sans salir la maison. Autour de verres de vin de cépages locaux, les langues se déliaient et on parlait vrai. Par la cave se tissait un réseau d’amitiés et de solidarité masculines. Les femmes n’étant pas les bienvenues. De nombreux vendéens ont gardé chez eux un espace dédié à cette socialisation, qu'il s'agisse d'une cave voûtée ou d'un coin de garage. L’endroit peut être simplement un bout de table et deux chaises, ou un espace aménagé et décoré avec soin. Les jeunes y font la fête, les adultes, y fabriquent des « apéritifs » locaux et y reçoivent leurs amis.

Théophile Trossat

Théophile Trossat

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