Dans la cave d'Aubin, il l'a aménagée lors du premier confinement. Son père en avait marre de ne plus pouvoir utiliser sa cave car Aubin y était toujours avec ses copains. Alors le jeune homme a débarrassé un coin de garage et a aménagé sa cave, qu'il a appelé "La Boudale" en référence à son nom de famille et à la bière. Au milieu du mur trône un immense cœur vendéen. Aubin et son groupe d’amis ont la vingtaine, ils organisent de temps en temps ce qu’ils appellent un « Vélo cave ». Ils passent ensemble la soirée à déambuler en vélo, de caves en caves dans leur village du Boupère. Chacun à leur tour ils accueillent le peloton dans la maison de leurs parents et finissent la fête au petit matin. Héritée du temps où dans la Vendée rurale beaucoup de foyers possédaient leur parcelle de vigne, la cave est restée une pièce particulière de la maison alors même que les vignes ont en majorité disparues. Elle permettait aux hommes de se voir, sans déchausser les bottes et sans salir la maison. Autour de verres de vin de cépages locaux, les langues se déliaient et on parlait vrai. Par la cave se tissait un réseau d’amitiés et de solidarité masculines. Les femmes n’étant pas les bienvenues. De nombreux vendéens ont gardé chez eux un espace dédié à cette socialisation, qu'il s'agisse d'une cave voûtée ou d'un coin de garage. L’endroit peut être simplement un bout de table et deux chaises, ou un espace aménagé et décoré avec soin. Les jeunes y font la fête, les adultes, y fabriquent des « apéritifs » locaux et y reçoivent leurs amis. © Théophile Trossat / Grande commande photojournalisme
Théophile Trossat
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