Théophile Trossat - Le refuge

Théophile Trossat - Le refuge
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Alice, 21 ans, dans la cave de la famille à la Flocellière. Elle est étudiante en deuxième année de licence de langues. Elle vit chez ses parents et suit ses études à distance. En parallèle, elle travaille comme vendeuse dans une boulangerie. Comme ses amis habitent à coté, ils passent quasiment chaque jour à la cave, sans forcément boire de l’alcool, juste pour discuter. Ça commence souvent sur messagerie par un “Tu payes ta cave?” et parfois le week-end ça se termine au petit matin. Comme pour ses 20ans où l’endroit a été transformé en dancefloor et cela n’a pas réveillé ses parents. Ses amis, quelques filles mais surtout des garçons ont aussi des caves ou des coins de garage aménagés, mais c’est chez Alice qu’il y a le plus d’espace. Son père l’a construite en premier, juste avant la maison, en 1998. Toute la famille étant fan de l’ASSE, les murs sont recouverts de drapeaux et d’écharpes du club. On y trouve aussi un peu d’apéritif maison fait par son père, mais les jeunes préfèrent la bière ou le whisky coca. Héritée du temps où dans la Vendée rurale beaucoup de foyers possédaient leur parcelle de vigne, la cave est restée une pièce particulière de la maison alors même que les vignes ont en majorité disparues. Elle permettait aux hommes de se voir, sans déchausser les bottes et sans salir la maison. Autour de verres de vin de cépages locaux, les langues se déliaient et on parlait vrai. Par la cave se tissait un réseau d’amitiés et de solidarité masculines. Les femmes n’étant pas les bienvenues. De nombreux vendéens ont gardé chez eux un espace dédié à cette socialisation, qu'il s'agisse d'une cave voûtée ou d'un coin de garage. L’endroit peut être simplement un bout de table et deux chaises, ou un espace aménagé et décoré avec soin. Les jeunes y font la fête, les adultes, y fabriquent des « apéritifs » locaux et y reçoivent leurs amis.

 

Théophile Trossat

Théophile Trossat

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